|
Quatre ans déjà... Le Monde pour Passager Jour pour jour, il y a quatre ans, le 13 juin 2006, je prenais la route pour un drôle de voyage qui devait me mener jusqu’au Kamtchatka. J’espérais mettre six à sept mois pour atteindre cette péninsule du bout de la Russie, tout à droite sur la carte du monde. Ce départ consacrait l’aboutissement de deux ans de préparation dont la dernière année fut exclusivement dédiée à ce projet d’envergure. Pensez-donc, en plus de préparer l’administratif, il a fallut trouver le budget et «reconstruire» ce vieux 4X4 insignifiant de 1987 pour en faire un outil de voyage et de liberté par excellence, baptisée Isbamobile en hommage aux maisons en bois que l’on trouve dans le Nord de la Russie. Finalement, c’est au bout de quatorze mois que je retrouverais Paris après avoir parcouru très exactement 47 184 kilomètres à travers 20 Pays. Avec +45°C dans le désert iranien et -45°C dans le Grand Orient Russe, l’amplitude thermique a été aussi riche que les rencontres. Car le but premier de ce périple, en plus de faire un petit bout de brousse avec moi-même, crise des trente ans oblige, a d’abord été de faire le plein de rencontres qualitatives en offrant à mes passagers la possibilité de se joindre à moi sur un bout du parcours. Ainsi est né le concept du «Monde pour Passager», voyager seul pour ne jamais être seul, profiter de ce siège passager vacant pour l’offrir à toutes les personnes sympas rencontrées sur le parcours. Un concept original et diablement efficace puisque sur quatorze mois de voyage, je n’ai été seul que trois petits mois. Le retour en Août 2007 est une nouvelle épreuve. Reprendre goût à la vie parisienne après avoir été véritablement acteur de sa vie l’espace d’un instant n’est pas chose aisée. D’autant qu’en plus de tous ces souvenirs, je laissais mon amoureuse à Ulan Bator sans savoir s’il serait possible de la revoir. La création d’un livre a été une toute autre aventure, bien plus difficile que la voyage en lui-même : Auto-édité via un emprunt de 45 000 euros, dix mois de travail acharné, une dizaine de personnes autours du projet pour 4 000 exemplaires d’un beau bébé de 1 700 grammes et 224 pages sortie le 13 juin 2008 ! Tout juste deux ans, déjà ! Il a ensuite fallu trouver un distributeur et participer à nombre de salons pour promouvoir les ventes directes. Le début de la commercialisation a été un beau succès. Puis la crise est passée par là. Les libraires n’ont pas recommandé les exemplaires qu’ils avaient vendues et j’ai arrêté de m’occuper du livre pour me consacrer à un nouveau challenge. ETAPE 2 : LE FILM Dès mon retour, la société de production ZED, m’a proposé de travailler sur une adaptation audiovisuelle du «Monde pour Passager». Repartir sur les routes de l’Est en direction du Kamtchatka avec une caméra ce coup-ci. À mi-chemin entre Into the wild et J’irai dormi chez vous, ce mode de reportage a de quoi séduire les chaînes de télé mais pour cela il faut réaliser un pilote, sorte de numéro zéro de ce que pourrait être la série. Pour repartir, même le temps d’un pilote, il faut remettre la voiture en état car elle a bien souffert du précédent voyage. Entre les colis de pièces détachées perdus, le licenciement de mon préparateur, l’emménagement de ce dernier dans un nouveau garage, la casse d’un moteur neuf après 200 kilomètres et bien d’autres péripéties, il faudra plus d’un an pour y arriver. Six semaines de tests jusqu’en Bulgarie afin de mettre à nu le concept et mes aptitudes à tenir une caméra. Le montage des quinze heures de rushs prendra deux mois. Depuis le début de l’année 2010, ZED est en relation étroite avec deux chaînes (Voyage et France4) pour un co-diffusion du projet. Les formats proposés sont 6X 26 min et 1X 100 min. Les réponses définitives devraient arriver avant la fin juin 2010... Wait and See ! |